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    TRADUCTION PUBLIEE

 

VASSILII SIGARIOV

La pâte à modeler

traduction Macha Zonina, Jean-Pierre Thibaudat


DIRECTEUR. - Voilà, Olga Ivanovna. Vous comprenez, votre petit-fils, on va l'expulser de notre établissement d'enseignement général.

GRAND-MERE. - Comment ça ?

LUDMILLA IVANOVNA. - Comme ça.

DIRECTEUR. - Attendez, Ludmilla Ivanovna. Maxime, tu ne lui as rien dit ?

MAXIME. - Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Rendez-moi mon dossier, c'est tout.

DIRECTEUR. - Comment ça ton dossier, à toi ? Selon la loi ce sont les parents... ou les tuteurs

MAXIME. - Alors, donnez-le à elle et qu'on en finisse.

DIRECTEUR. - Comment ça qu'on en finisse ! Alors, Olga Ivanovna... Olga Ivanovna, c'est ça ?

MAXIME. - C'est ça.

LUDMILLA IVANOVNA. - On t'a rien demandé.

DIRECTEUR. - Alors voilà, Olga Ivanovna, nous sommes contraints de recourir à l'exclusion de votre petit-fils.

GRAND-MERE. - Pourquoi ça ?

LUDMILLA IVANOVNA. - Pour tous ses exploits.

GRAND-MERE. - Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

MAXIME. - J'ai buté son pickpocket de neveu.

LUDMILLA IVANOVNA. - Ferme-la, sale gosse ! Oleg Petrovitch, non, mais je rêve ! Elle débarque ici, on ne sait pas qui quoi qu'est-ce. Elle a élevé un salopard de première et elle le défend encore ! Vous-même, vous, comment déjà, vous comprenez au moins ?

GRAND-MERE. - Qu'est-ce que j'dois comprendre ?

LUDMILLA IVANOVNA. - Non, mais, moi, je n'en peux plus, Oleg Petrovitch. Vous comprenez que vous avez élevé un salopard?

GRAND-MERE. - Un salopard ? Il est gentil. Il me met le bassin quand je suis malade. Il passe le balai. Et il bricole ses statues en pâte à modeler.

DIRECTEUR. - Il bricole pas ce qu'il faudrait.

LUDMILLA IVANOVNA. - Donc, il est gentil ?

GRAND-MERE. - Gentil.

LUDMILLA IVANOVNA. - Alors, je ne sais plus, Oleg Petrovitch, comment lui parler. Quand êtes-vous venue à l'école pour la dernière fois, chère madame ?

GRAND-MERE. - Diable, c'est qu'avec mes jambes...

LUDMILLA IVANOVNA. - Quoi, vos jambes ?

GRAND-MERE. - Je peine à venir jusqu'ici.

LUDMILLA IVANOVNA. - Alors, il fallait pas le prendre sous tutelle, avec vos jambes. Moi, Oleg Petrovitch, ça me dépasse, comment on a pu lui permettre. A quoi ils ont pensé. C'est une énorme responsabilité, chère madame.

GRAND-MERE. - Mais où est-ce qu'il pourrait aller...

LUDMILLA IVANOVNA. - Ah non. Pas ça, je vous en prie. Notre Etat, Dieu merci, a crée toutes les conditions. Et il y en a des comme vous qui n'arrivent toujours pas à comprendre. Et n'en font qu'à leur tête. Le résultat, le voilà. (Elle pointe son doigt en direction de Maxime.) Voilà le résultat, des drogués, des salopards et des tas de rebus.

GRAND-MERE. - Hé, toi...

LUDMILLA IVANOVNA. - Pas de tu, s'il vous plait. Sinon moi je pourrais...

DIRECTEUR. - Calmez vous, Ludmilla Ivanovna...

LUDMILLA IVANOVNA. - C'est ça, calmez vous ! Avec eux ! Il devrait être en taule depuis longtemps. Et elle aussi, par la même occasion.

MAXIME. - Tu vas la fermer, poufiasse !

LUDMILLA IVANOVNA. - Quoi ?

MAXIME. - Boucle-la, boudin !




Collection Bleue
96 pages - prix : 7.62 euros
Date de parution : Avril 2001
ISBN 2-912464-98-6
 
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Titre original Plastilin

Dialogue


Personnages

MAXIME, 14 ans
ELLE
Et les autres...
(au minimum 10 interprètes)






Et voilà, c'est fini
Les roses ont perdu leurs fleurs
Les pétales sont tombés
Pourquoi sans cesse les roses me hantaient
On les cherchait ensemble
On a trouvé les roses...
... Et voilà, c'est fini, les roses sont oubliées.

Dino Kampana

 

 
 

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